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Comment les jeunes joueurs africains atteignent les grands clubs européens — et les risques
Photo : Pulse Sports Nigeria

Comment les jeunes joueurs africains atteignent les grands clubs européens — et les risques

Pour de nombreux jeunes footballeurs africains, rejoindre l’Europe passe par une succession de déplacements risqués à travers des académies et des championnats secondaires, plutôt que par une voie directe vers les sommets.

Pour les jeunes footballeurs africains, la route vers les grands championnats européens est rarement directe. Beaucoup passent par plusieurs clubs, agents et pays avant de se rapprocher de la Premier League ou de la Ligue 1, tandis que d’autres ne parviennent pas à franchir la première étape. Chaque année, environ 15 000 jeunes quittent l’Afrique de l’Ouest après avoir été attirés par de faux contrats ou par des agents n’ayant aucun lien réel avec un club. Le chiffre réel pourrait être plus élevé, car ces déplacements ne sont pas correctement recensés.

Les recruteurs approchent les joueurs dans les compétitions locales et sur les réseaux sociaux. Ils utilisent des documents, des images d’Africains ayant réussi en Europe et des promesses d’essais dans de grands clubs. Certains s’appuient sur des contacts dans des villes européennes, tandis que d’autres se contentent de soutirer de l’argent aux familles. Un agent agréé par la FIFA a évalué à £25,000 les frais habituellement demandés pour placer un jeune de 14 ou 15 ans dans un contrat européen. Cet argent rémunère le transfert, et non le joueur.

Le système de recrutement rend également le parcours plus difficile. Les grands clubs européens recherchent plus souvent des joueurs en Belgique, au Portugal ou dans le deuxième niveau néerlandais qu’à Lagos ou à Accra, où les talents peuvent être moins visibles et les images des matches plus difficiles à obtenir. Cette situation a renforcé l’importance des académies structurées. Au Ghana, Right to Dream a créé une filière reconnue par les clubs européens et formé notamment Mohammed Kudus et Kamaldeen Sulemana.

Mamadou Faye, qui dirige une école de football à Dakar, observe ce phénomène depuis de nombreuses années. Selon lui, un joueur ne bénéficiant pas d’un partenariat officiel avec un club européen peut être écarté au moment des décisions de recrutement. Les conséquences peuvent être graves. Environ 4 000 jeunes joueurs africains ont été emmenés en France par des réseaux de traite, avec près de 20 nouveaux cas chaque semaine. Environ 2 000 se sont retrouvés à Paris sans papiers, sans club et sans moyen fiable de rentrer chez eux.

Un parcours plus lent via l’Afrique du Nord peut offrir davantage de sécurité. Des joueurs ivoiriens peuvent passer jusqu’à trois mois au Maroc, où les clubs paient à temps et disposent parfois de liens facilitant la poursuite de leur carrière. Cette voie n’offre pas la promesse immédiate faite par les agents frauduleux, mais elle fournit un véritable environnement compétitif. Les règlements de la FIFA interdisent le transfert international des joueurs de moins de 18 ans, même si des visas étudiants, des documents de clubs de jeunes et des organisations prétendument caritatives ont été utilisés pour contourner cette règle.

Les parcours les plus sûrs présentent plusieurs caractéristiques communes : une académie légitime liée à un partenaire européen, un agent vérifié avant le départ et un premier transfert vers un championnat compétitif plutôt qu’un essai incertain. Sans ces garanties, les familles peuvent tout perdre. Dans un cas, une famille de Dakar a vendu ses terres avant que les intermédiaires ne cessent de répondre à ses appels.

Source : Pulse Sports Nigeria