
L’UEFA cherche à engager une procédure pénale après l’abandon de la cession d’une participation dans les compétitions de la FIFA
L’UEFA cherche à obtenir des preuves aux États-Unis en vue d’éventuelles poursuites pénales en Suisse contre Gianni Infantino au sujet d’un projet d’investissement abandonné dans les compétitions de la FIFA.
L’UEFA cherche à obtenir l’accès à des preuves aux États-Unis alors qu’elle prépare d’éventuelles poursuites pénales en Suisse contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, au sujet d’un projet abandonné visant à vendre à des investisseurs privés des participations dans les plus grandes compétitions de football. L’instance dirigeante du football européen accuse Infantino de mauvaise gestion criminelle et affirme que d’autres responsables et conseillers de la FIFA pourraient également faire l’objet de poursuites.
La structure proposée, connue sous le nom de FIFA Forward Enterprise (FFE), aurait regroupé les droits commerciaux liés aux Coupes du monde masculine et féminine ainsi qu’à la Coupe du monde des clubs au sein d’une nouvelle filiale de la FIFA. Infantino a annoncé publiquement le projet le 28 juillet 2026, selon la requête déposée par l’UEFA devant la justice. La proposition a été abandonnée plus tôt ce mois-ci après une vive opposition, mais l’UEFA poursuit son enquête sur la manière dont elle a été élaborée et approuvée.
L’UEFA affirme que le projet a été développé secrètement pendant plus d’un an par Infantino et un petit groupe de proches collaborateurs. Elle soutient que la proposition a été imposée dans le processus d’approbation interne de la FIFA lors d’une réunion organisée à la hâte, quelques jours seulement avant l’annonce publique. Un nombre limité de dirigeants et d’employés de la FIFA n’aurait disposé que de quelques heures pour approuver ce que l’UEFA décrit comme une transaction de plusieurs milliards de dollars sans précédent, certains n’ayant, selon les allégations, pas connaissance du projet avant la réunion.
Le différend porte principalement sur la valeur et la structure de propriété de l’investissement proposé. L’UEFA affirme que des investisseurs privés auraient obtenu une participation financière permanente dans la branche commerciale de la FIFA pour $4.2bn. Elle estime que cela impliquait une valorisation de l’entreprise d’environ $20bn, un montant qui n’a pas été établi par une mise aux enchères ouverte ni évalué de manière indépendante par un expert professionnel. L’UEFA considère que le prix proposé était nettement inférieur à la valeur du marché et affirme que cet accord aurait pu profiter à Infantino et aux investisseurs au détriment de la FIFA et de ses membres.
Le projet aurait concerné les 211 associations membres de la FIFA, dont les 55 associations nationales de l’UEFA. L’UEFA affirme que ces membres n’ont pas été consultés, pas plus que le Conseil de la FIFA, les autres confédérations continentales ou les autres acteurs clés du football. Elle estime que la transaction risquait de nuire à la réputation de la FIFA, à son autorité sur le football et à ses relations commerciales, tout en réduisant la capacité des associations membres à influer sur les actifs les plus précieux de l’organisation.
La première demande de communication de preuves a été déposée en Floride, où sont basées deux entreprises de la FIFA participant à l’organisation de la Coupe du monde 2026. L’UEFA réclame des documents à FIFA Americas et à FWC2026 afin de les utiliser dans le cadre d’une éventuelle plainte pénale en Suisse. D’autres requêtes auraient été déposées à New York pour obtenir des documents liés à Thrive Capital et à son fondateur Josh Kushner, présenté comme un investisseur potentiel, ainsi qu’à JPMorgan. Une troisième demande déposée dans le Colorado concerne l’ancien patron de la Formule 1 Greg Maffei et Bann Ventures, décrite dans les documents comme le principal conseiller commercial de la transaction proposée.
La position juridique de l’UEFA est qu’une procédure pénale en Suisse est raisonnablement envisagée et qu’elle a qualité pour porter plainte. L’organisation affirme que ses avocats suisses ont confirmé qu’une plainte pour mauvaise gestion criminelle pourrait être déposée contre Infantino et potentiellement contre d’autres responsables de la FIFA. Les demandes actuelles constituent donc une étape de collecte de preuves, et non une procédure pénale déjà engagée. Elles visent à obtenir des documents que l’UEFA estime susceptibles d’étayer de futures poursuites en Suisse.
Le différend est également devenu une contestation directe du modèle de gouvernance de la FIFA. Des responsables du football européen se sont réunis à Monaco avant le tirage au sort de la Ligue des champions, avec la situation d’Infantino à l’ordre du jour. Ils ont unanimement donné mandat au président et à l’administration de l’UEFA pour prendre des mesures institutionnelles, politiques et juridiques visant à réformer la FIFA, à limiter les pouvoirs présidentiels et à rétablir une gouvernance centrée sur l’organisation plutôt que sur un seul individu. L’UEFA a mené l’opposition au projet d’investissement et affirme ne plus avoir confiance dans le leadership d’Infantino.
Infantino avait proposé aux 211 associations membres de la FIFA $40m chacune si elles soutenaient le projet visant à faire entrer des investissements privés dans les tournois de la FIFA. Cette offre ajoutait une incitation financière à un débat qui portait déjà sur le contrôle de l’avenir commercial de la Coupe du monde. La décision d’abandonner la FFE a écarté la menace immédiate de la cession, mais elle n’a pas réglé les questions concernant la valorisation du projet, son processus d’approbation, son financement ou ses bénéficiaires envisagés.
La prochaine étape dépend des tribunaux américains et des documents qu’ils autoriseront à communiquer. L’UEFA cherche à obtenir des éléments auprès des entreprises, des intérêts financiers et des conseillers liés à la FFE avant de décider jusqu’où elle entend engager des plaintes pénales. Elle a déclaré que les actions pourraient viser, au-delà d’Infantino, d’autres responsables et conseillers de la FIFA. Tant que ces demandes n’auront pas permis de recueillir davantage de preuves, les accusations resteront contestées, tandis que le projet abandonné continue de mettre à l’épreuve les limites du pouvoir présidentiel au sein de la FIFA et les garde-fous entourant ses compétitions les plus lucratives.
Source : ThisDay Nigeria · Sport



