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Le témoignage d'un étudiant révèle les abus dans le milieu de la musique classique en Afrique du Sud
Photo : The Conversation Africa

Le témoignage d'un étudiant révèle les abus dans le milieu de la musique classique en Afrique du Sud

Le récit d'un étudiant met en lumière les abus émotionnels et raciaux systémiques au sein des institutions et des pratiques d'enseignement de la musique classique en Afrique du Sud.

Le témoignage personnel d'un étudiant a attiré l'attention sur la présence d'abus et de silence au sein de la culture musicale classique en Afrique du Sud. L'individu, nommé Charles, a décrit un département de musique universitaire qui ressemblait à une prison en raison de son environnement restrictif. Son expérience a été marquée par des insultes raciales dans sa résidence, parallèlement à des abus émotionnels de la part d'un professeur de musique.

Charles, qui était le premier de sa famille à intégrer l'université, a finalement abandonné ses études de musique. Il a rapporté que son professeur lui répétait fréquemment qu'il était un raté, malgré son talent musical. Il a également noté que le contact physique de son instructeur, parfois utilisé pour des instructions techniques, servait de moyen pour asseoir son contrôle. Ces traumatismes combinés ont entraîné des périodes d'automutilation et des pensées suicidaires.

Cette affaire s'inscrit dans le cadre d'une recherche sur la persistance des comportements abusifs au sein des institutions musicales sud-africaines, notamment les universités, les orchestres et les chorales. Les recherches suggèrent que le pouvoir détenu par les enseignants — qui contrôlent les réseaux professionnels et les opportunités de carrière — peut faciliter la manipulation et l'humiliation. Des rapports font également état de chefs d'orchestre et de musiciens imposant des rapports sexuels à des femmes.

Un rapport de 2024 axé sur les femmes dans le milieu de la musique en Afrique du Sud a révélé que près d'un tiers des personnes interrogées s'étaient senties poussées vers des relations sexuelles. Malgré ces problèmes et le mouvement mondial #MeToo, les institutions de musique classique en Afrique du Sud sont restées largement silencieuses face à ces cultures d'abus.

L'industrie a historiquement maintenu un éthos de neutralité politique, se concentrant sur la beauté universelle plutôt que sur les questions de race ou de colonialisme. Pendant l'apartheid, la musique classique était une tradition largement dominée par les Blancs. Les étudiants noirs ne pouvaient étudier ce genre que dans des universités blanches sous des circonstances exceptionnelles, et ils étaient généralement formés pour devenir enseignants plutôt que concertistes.

Les chercheurs soutiennent que ces structures historiques continuent de façonner les institutions modernes. S'attaquer à ces pratiques abusives est jugé nécessaire pour créer des environnements plus sûrs pour l'enseignement de la musique et la pratique professionnelle dans le pays.

Source : The Conversation Africa