
Les transferts de Premier League mettent en lumière la voix des joueurs africains
Les transferts avortés d’Ismaïla Sarr et de Lamine Camara lors du dernier jour du mercato relancent les inquiétudes sur le traitement réservé aux footballeurs africains dans les négociations.
L’échec de deux transferts impliquant les internationaux sénégalais Ismaïla Sarr et Lamine Camara lors du dernier jour du mercato a alimenté un débat plus large sur le pouvoir dont disposent les joueurs sur leur propre carrière. Diomansy Kamara, l’agent des deux footballeurs, a déclaré que les joueurs africains ne devaient plus être considérés avant tout comme des actifs dont la valeur est fixée par les clubs.
Le transfert envisagé de Sarr de Crystal Palace à Liverpool a été bloqué par son club actuel. L’ailier faisait l’objet de l’intérêt du club de la Mersey, mais Palace a empêché la conclusion du transfert avant la fermeture du mercato. Cette décision a privé Sarr du départ qu’il espérait et a laissé le dernier mot au club détenant son contrat.
La situation de Camara s’est déroulée différemment, mais a abouti au même résultat. Le milieu de terrain avait accepté de rejoindre Chelsea en provenance de l’AS Monaco, mais Monaco a annulé l’opération dans les dernières heures du mercato. Le transfert envisagé était évalué à £47 millions, ce qui rend son échec particulièrement significatif, même si les conditions financières ne changent rien au problème central soulevé par son représentant : les souhaits du joueur semblaient compter moins que les décisions des clubs.
Kamara a réagi dans un communiqué publié sur Instagram, affirmant que les cas de Sarr et de Camara devaient pousser le football à s’interroger sur son traitement des joueurs africains. Il s’est opposé à un système dans lequel un joueur peut donner l’impression d’être un bien que les clubs achètent, évaluent et négocient, tandis que les ambitions de l’individu sont reléguées au second plan.
« Nous devons sortir de cette logique dans laquelle le joueur africain peut parfois donner l’impression d’être une simple marchandise : on l’achète, on fixe son prix, on négocie son avenir et, trop souvent, sa volonté semble passer au second plan », a écrit Kamara. Il a ajouté que les joueurs africains méritaient le respect pour leur travail, leur carrière, leurs ambitions et leur voix.
L’agent n’a pas nié que les clubs conservaient un pouvoir considérable dans les négociations de transfert. Les contrats donnent aux équipes la possibilité d’accepter ou de rejeter les offres, et le calendrier d’un transfert peut laisser un joueur dépendre de décisions prises par les dirigeants. Kamara estime toutefois que ce pouvoir institutionnel ne devrait pas faire disparaître la dimension humaine du processus. Un transfert, a-t-il déclaré, ne concernait pas seulement deux clubs et une série de chiffres ; il affectait également la carrière, les rêves et les choix de vie d’un joueur.
La réponse de Chelsea à l’échec du transfert de Camara pourrait conduire le club sur le marché des joueurs libres. Le club londonien s’est retrouvé à court d’options au milieu de terrain après le départ d’Enzo Fernandez à Manchester City pour £125 millions, un montant égalant le record britannique. Le mercato étant fermé, Chelsea a envisagé Georginio Wijnaldum comme solution à court terme, sous réserve de parvenir à un accord sur les conditions personnelles.
Wijnaldum, 35 ans, est disponible après avoir quitté le club saoudien Al-Ettifaq durant l’été. Il a disputé 217 matchs de Premier League avec Newcastle United et Liverpool, et a remporté la Premier League, la Ligue des champions, la Coupe du monde des clubs et la Supercoupe durant son passage à Anfield. Il a inscrit 17 buts en 34 apparitions avec Al-Ettifaq la saison dernière, mais le club ne lui a pas proposé de nouveau contrat. L’intérêt de Chelsea, s’il débouche sur un accord, constituerait une solution de dernière minute après l’échec de l’arrivée envisagée de Camara.
Cet épisode laisse Sarr et Camara subir les conséquences de décisions prises indépendamment de leur volonté. Le refus de Palace a privé Sarr de la possibilité de rejoindre Liverpool, tandis que l’intervention de Monaco a mis fin au transfert de Camara à Chelsea alors que le joueur avait accepté de rejoindre le club. La demande plus générale de Kamara est que les futures négociations accordent aux joueurs une véritable voix avant que les clubs ne fixent leur valeur et ne déterminent leur destination. Pour l’instant, les deux stars sénégalaises restent dans leurs clubs actuels, tandis que le débat sur le respect et l’autonomie dans le football africain se poursuit.
Source : The Zambian Observer — Sport



