
Erasmus et les Springboks invités à laisser le rugby parler face aux All Blacks
Les sept victoires de l’Afrique du Sud en 11 confrontations avec la Nouvelle-Zélande depuis 2019 ont suscité des appels à Erasmus et aux Springboks pour qu’ils évitent les jeux en dehors du terrain.
L’Afrique du Sud a battu la Nouvelle-Zélande à sept reprises en 11 confrontations depuis 2019, dont une victoire 43-10 à Wellington l’an dernier. Ce bilan, ainsi que l’autorité récemment affichée par les Springboks dans cette affiche, a suscité des critiques sur l’attention croissante portée par l’équipe aux sujets qui dépassent le cadre du rugby.
Rassie Erasmus et le conseiller technique Jaco Peyper ont participé lundi à une conférence de presse avant le premier test-match de samedi dans la série « La plus grande rivalité du rugby ». Erasmus a expliqué que l’annonce retardée de l’équipe était motivée par le respect des All Blacks, tout en rejetant les accusations selon lesquelles l’Afrique du Sud ralentirait volontairement les matches. Peyper a évoqué les changements apportés aux protocoles concernant les arbitres et les difficultés de communication qu’ils pourraient causer aux entraîneurs.
La discussion s’est poursuivie mardi, lorsque l’entraîneur adjoint Felix Jones a relayé les plaintes des Stormers, des Sharks et des Vodacom Bulls concernant le déblayage des Néo-Zélandais lors de leurs matches de tournée. Ces préoccupations portaient notamment sur des actions dans les zones de ruck que l’Afrique du Sud estimait susceptibles de contrevenir aux règles.
Grant Williams et Malcolm Marx se sont également montrés prudents quant à leurs chances d’être sélectionnés, bien qu’ils figurent parmi les 15 joueurs laissés au repos pour le test-match contre l’Argentine disputé deux semaines plus tôt afin de préparer la série. L’incertitude persistait au sujet de Siya Kolisi et d’Ox Nché, après qu’Erasmus a décrit les deux joueurs comme incertains en raison de blessures, même si Jones a ensuite indiqué que leur rétablissement progressait sans évolution négative majeure. Jones a également cherché à minimiser la possible 100e sélection de Damian de Allende, alors que sa présence dans l’équipe semblait acquise.
L’ancien entraîneur des Springboks Nick Mallett a défendu cette approche médiatique, estimant qu’Erasmus et son équipe l’avaient utilisée efficacement pour répondre aux accusations de la Nouvelle-Zélande tout en attirant l’attention sur l’arbitrage des rucks. L’avis général est toutefois que le bilan de l’Afrique du Sud lui confère suffisamment d’autorité sans qu’elle ait besoin d’en faire davantage dans l’espace public.
Les Springboks ont remporté la Freedom Cup et récupéré la première place mondiale après leur victoire à Wellington l’an dernier, qui constitue leur plus large succès de l’histoire contre la Nouvelle-Zélande. Leur histoire dans cette rivalité comprend également le plaquage de Joost van der Westhuizen sur Jonah Lomu lors de la finale de la Coupe du monde 1995, l’essai de Ricky Januarie à Dunedin en 2008, le long coup de pied de pénalité de Pat Lambie en 2014 et les 12 points inscrits par Handré Pollard lors de la finale de la Coupe du monde 2023.
Erasmus a montré un autre visage en demandant aux supporters de respecter le haka dans le silence à Ellis Park. Il a également reconnu l’influence des grands All Blacks Zinzan Brooke et Murray Mexted sur son propre style de jeu, renforçant l’idée que cette rivalité est suffisamment riche de sens sans qu’il soit nécessaire d’y ajouter du théâtre.
Source : SA Rugby magazine



